Le Haut-Rhin va au charbon. Le département a été retenu comme département pilote pour une vaste opération antitabac.
À partir de ce matin, le Haut-Rhin est déclaré « départements non-fumeurs » pour l’essentiel de ses zones habitées. La barre a été volontairement placée très bas : l’interdiction de fumer s’applique à toutes les communes de plus de 3500 habitants (on s’est aligné sur le plafond fixé pour le panachage de listes lors des élections). Cette initiative pilote s’inscrit dans la ligne de l’interdiction de fumer dans les restaurants, bars, discothèques, etc.
Plonger d’un coup
Jusqu’ici, la France n’a fait que suivre des pays tels que l’Italie, le Royaume-Uni, l’Irlande… qui ont été plus rapides en ce domaine. En élargissant l’interdiction, l’objectif du gouvernement est de reprendre la main et d’imprimer sa marque à une directive européenne.
On sait qu’il y a un an, la Commission de Bruxelles a présenté un Livre vert à ce sujet. A priori, il ne s’agit que d’un test de six mois. Car on se doute, en haut lieu, que ça ne passera pas tout seul. Même si leur nombre baisse aussi sûrement que celui des retraités augmente, il reste en France des fumeurs qui tiennent à continuer à fumer. Cette décision a de quoi les froisser. « Je table sur l’esprit civique dont ont toujours su faire preuve les Alsaciens », a admis le préfet Michel Fuzeau, en présentant le plan d’action, hier à la préfecture à Colmar.
Les initiateurs de cette campagne, parmi lesquels le député bas-rhinois Yves Bur dont on connaît les positions en pointe dans la lutte antitabac (lire ci-dessous), se doutent qu’elle va soulever des réactions. D’où la décision de ne rendre la mesure officielle qu’aujourd’hui. « L’objectif est d’obtenir des fumeurs qu’ils acceptent de faire le plongeon d’un coup », souligne le préfet qui révèle que depuis qu’il sait que son département est pressenti pour aller au feu, il a renoncé à la pipe qu’il s’accorde tous les soirs après le repas. « Ce n’est pas si difficile et le jeu en vaut la chandelle », assure-t-il. Le test était dans l’air depuis la fin février, date à laquelle on a admis que le passage aux restaurants sans fumée était réussi. Diplomatiquement, le ministère de la Santé a voulu attendre le résultat des élections, avant l’application sur le terrain.
Ă€ droite
Notamment pour faire le choix du département sélectionné. Stratégiquement, il avait été entendu que l’expérience serait faite dans un département de droite.
Les panneaux qui doivent être posés aux entrées de ville, soit 35 communes, ne seront peut-être pas tous prêts pour ce matin. La priorité sera donnée aux grandes mégot-poles.
Source L'Alsace